C INQ ou six notes associées puis deux, trois portées pianotées sur le clavier…improvisées avant de tenter davantage…un aménagement, une retouche pour une partition. Quand Jeanne Barbey arrive à Paris pour faire ses études, elle prend la tête de la chorale de la chapelle polonaise et harmonise quelques morceaux pour quatre voix, petit à petit, sans en toucher mot à quiconque. Et puis elle met le rêve de la composition dans un coin de son esprit. Qui sait, un jour peut-être ?
A PRES trois années d’études d’histoire, Jeanne est contrainte d’y mettre un terme car la maladie a repris le dessus. Du temps libre, beaucoup de temps libre, la jeune femme sait qu’elle en aura et le combler sera difficile. Cette perspective cependant est peut-être l’un des éléments déclencheurs de l’audace de Jeanne Barbey. En effet, elle entend parler d’une jeune communauté religieuse qui va redonner vie à une abbaye du Sud de la France, l' Abbaye de Lagrasse. Que faire pour rendre grâce à Dieu et pour aider les Chanoines ? Un Te Deum. Ce fut simple et lumineux, comme inspiré. Elle écrirait un Te Deum. Elle se lancerait avec courage dans la composition, tenterait, chaque jour pendant plusieurs heures, de retranscrire fidèlement la mélodie qui lui venait à l'esprit, et pendant neuf mois, préparerait un concert avec une chorale d'amis bénévoles et des instrumentistes, professionnels pour la plupart. Elle ne se doutait pas alors que ce jour-là, en janvier 2006, les places manqueraient, dans l'église où elle donnerait son oeuvre pour la première fois.
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